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04/11/2010

OK, you can go.

Et donc, comme la météo prétendait que la journée serait magnifique, je me suis levé à six heures trente du mat pour être à la Bourse le plus tôt possible. Tout en avalant mon petit-déjeuner, j’ai réfléchi au meilleur moment pour prendre un numéro dans la file. Parce que comme vous pouvez vous en douter, il ne suffit pas d’arriver au checkpoint et de se mettre à la queue derrière trois cent personnes pour entrer dans la zone verte. Non, il faut prendre un numéro d’attente, cela en enregistrant son identifiant européen sur le site de la zone européenne, en choisissant sa catégorie. Ensuite, il faut attendre que ledit numéro s’affiche sur un écran avant de pouvoir passer le contrôle.

On peut s’enregistrer dans la zone d’attente en utilisant un des terminaux, mais on peut aussi le faire avant en ligne, à n’importe quel moment, en précisant le point de passage souhaité. Bien pratique pour éviter d’attendre, si vous calculez bien votre coup. Pour vous y aider, le site indique le nombre de personnes de votre catégorie se trouvant avant vous. A vous de déduire combien de temps ça va leur prendre de passer. Précision utile : si vous ratez votre tour, vous devez attendre une heure avant de pouvoir vous enregistrer à nouveau. Autant dire que la plupart des gens préfèrent ne pas trop prendre de risques et s’enregistrent depuis leur portable un quart d’heure ou dix minutes avant d’arriver au checkpoint.

De chez moi, je ne suis qu’à une vingtaine de minutes de la Bourse, en marchant à un bon rythme. Et en moyenne, il ne faut pas plus de trente secondes pour passer la sécurité. Comme il y a six portiques « ressortissants Schengen » à la Bourse, cela fait douze personnes par minute. Pour avoir une marge, j’en compte en général quinze dans mes calculs. L’autre jour, à sept heures moins le quart, il y avait quelque chose comme cent cinquante personnes en attente d’après le site. Je me suis donc enregistré avec mon portable à mi-chemin.

J’ai descendu l’avenue de la Porte de Hal, et bifurqué sur Lemmonier, qui devient ensuite le boulevard Anspach. Vers Anneessens, on aperçoit déjà le mur, qui jaillit de la rue des Teinturiers et longe le coté droit du boulevard, recouvrant ce qui était autrefois le trottoir. Et puis je suis arrivé au point de passage, qui se trouve rue des Pierres, une perpendiculaire à Anspach, juste avant le bâtiment de la Bourse. L’accès à cette rue n’est pas barré par le mur, il y a simplement des blocs de bétons pour empêcher les véhicules de passer, et quelques soldats de la brigade franco-allemande en tenue de combat, avec un brassard bleu et jaune de la police militaire autour du bras droit. La rue est couverte, il y a des bancs, des écrans, des terminaux, des toilettes. Au bout, il y a les portiques. La rue des Pierres constitue en fait la zone d’attente.

Malgré mes savants calculs, j’en ai quand même eu pour une dizaine de minutes d’attente, parce que seulement quatre portiques « Schengen » étaient en fonction, qu’un type a fait sonner une alarme, ce qui a bloqué un autre portique pendant quelques minutes, et que dans l’ensemble les gens mettaient plus de trente secondes à passer. Et puis finalement, quand j’ai vu mon numéro s’afficher en rouge sur un écran, tout en bas de la liste, et je me suis avancé vers les portiques, comme le demandent les écrans : WHEN YOU SEE YOUR NUMBER, PLEASE MOVE TOWARDS THE CHECKPOINTS. Nota bene, affichée nulle part mais vécue : vous avez moins de trente secondes pour vous présenter, please, au portique quand votre numéro devient vert, sinon ils passent à la personne suivante, et les MPs se feront une joie de vous jeter hors de la zone d’attente si vous ne le prenez pas avec le sourire. J’ai même lu sur un blog qu’une famille entière avait écopée d’une interdiction temporaire de visite de la zone européenne pour avoir protesté trop vigoureusement – le père a reçu une décharge de Taser. Le bébé avait vomi au moment où leur numéro était passé au vert.

Il y a eu un petit ralentissement aux portiques juste avant mon passage, parce qu’un type, genre Tchèque, essayait d’utiliser son permis de conduire comme pièce d’identité. Sur le site de la zone verte, il est effectivement mentionné qu’on peut présenter son permis de conduire, ou sa carte d’identité nationale, ou son passeport national, ou sa carte d’identité européenne. Il n’est pas mentionné, bien sur, que tous ces documents doivent être électroniques et biométriques. Or pas mal de gens en Europe ont encore leur permis sous la forme cartonnée rose sous laquelle il leur a été délivré à la fin du 20ème ou dans les années 2000.

Bref, mon tour a fini par venir, j’ai posé mon portable et mes autres objets métalliques sur un tapis roulant, je suis passé sous le portique, une image de moi à poil dans des couleurs psychédéliques est apparue sur un écran quelque part dans une salle de contrôle, et puis l’écran du MP devant moi a fait un « bip » joyeux. Oui, caméra, oui, système de reconnaissance faciale, oui, puce RFID dans ma carte d’identité, je suis bien qui je prétends être. Sympa que votre petit convent soit arrivé à la même conclusion. « OK, you can go », m’a dit le MP avec un accent français.

23:19 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (0)